PSYCHOTHÉRAPIE DE COUPLE
le Couple en crise
Le couple est une danse qui se chorégraphie à deux et ses élans, ses mouvements, ses interactions sont mus par les désirs, les attentes mais aussi les blessures passées de chaque partenaire.
Je suis en couple depuis presque vingt cinq ans et cet observatoire m’a permis maintes fois de m’apercevoir qu’en matière de relation, l’amour est souvent mis à mal par ces blessures qui font parfois émerger le pire de nous.
Dans notre culture, je constate que le couple est même souvent un espace de tyrannie où les partenaires se lâchent sans scrupules et déversent leurs frustrations sans discernement. Critiques, piques ou missiles sont envoyés sans ménagement et rares sont les personnes qui traiteraient ainsi leur(e) meilleur(e) ami(e).
Depuis quelques décennies, les valeurs du couple ont changé. La plupart du temps, on ne se met plus en couple pour répondre à des attentes sociales ou culturelles. Aujourd’hui les partenaires se choisissent et ont des attentes relationnelles et émotionnelles vis à vis du couple. Or, l’harmonie et l’équilibre d’une relation requiert des capacités relationnelles qui ne vont pas de soi.
En outre, les injonctions au bonheur dont est estampillée notre société actuelle chargée de valeurs de performance et de dépassement de soi, font porter aux couples des attentes parfois irréalistes. Certes, le couple peut devenir un espace de joies et de croissance mais pas tout le temps. Il est difficile de jongler avec les charges d’une profession, les devoirs de parent, ses propres besoins sociaux et d’accomplissement et le temps que l’on consacre à sa famille. Le couple devrait pouvoir être un lieu de sécurité et de ressources mais souvent, il devient le dépositaire du mal être ou de la fatigue des partenaires qui ne savent plus alors comment se retrouver, créer un « nous » ressourçant et un espace de rencontres et d’enrichissements.
L’intérêt, dans ces moments-là, serait de pouvoir se réguler, et c’est déjà beaucoup.
De plus, il y a une différence entre le sentiment amoureux des débuts qui est tissé de projections diverses, et l’amour ressenti envers une personne que l’on a apprit à découvrir, avec son cortège de petites manies si différentes des nôtres. Il est normal, de temps en temps, de ne plus se sentir amoureux, et ce n’est pas grave si les autres dimensions du couple demeurent présentes, nourrissantes et solides.
Quel moment pour une thérapie ?
Tout d’abord, nul besoin d’être en crise pour consulter. Une thérapie de couple est un espace d’accompagnement donc le motif peut être un désaccord quant à un désir d’enfant, la réorganisation du couple parental face à la charge mentale ou même le décès d’un enfant qui amène parfois le couple à avoir besoin d’un espace neutre pour parler le temps de quelques séances.
Le couple peut aussi vouloir consulter en raison d’une distance qui s’est installée avec le temps. Petit à petit chacun mène sa vie de son côté. Une crise peut tout aussi bien avoir lieu dans le silence et l’éloignement.
Le signal d’une crise de couple, c’est quand les partenaires n’arrivent plus à partager un moment de bien-être ou de joie et qu’il n’est pas possible de changer cela. Parce qu’ils n’ont plus le temps ou plus l’envie, s’ennuient ensemble ou n’arrivent plus à dépasser leurs griefs.
C’est aussi quand le couple n’arrive plus à s’empêcher de se disputer pour tout et rien, et en particulier devant les enfants. Il y a du trop et l’espace de régulation n’arrive plus à se rétablir.
N’attendez pas d’être au bord de la rupture pour consulter ! Si vous allez trop loin dans ce que chacun peut endurer, le risque est de faire des accrocs que vous ne pourrez peut être plus réparer.
Les statistiques montrent que les couples attendent 6 à 7 ans avant de se décider pour une thérapie. Le plus souvent, lorsqu’ils arrivent en thérapie, ils n’arrivent déjà plus à s’écouter, arc boutent sur leurs positions, font porter à leur partenaire toute la responsabilité de ce qu’ils ressentent, et ensemble, engagent une guerre de pouvoir. Qui va gagner ? Jamais la relation.
Il n’est pas toujours facile de comprendre que les agacements et les conflits du couple prennent racines dans les blessures passées et les peurs de chaque partenaire. Peurs projetées sur l’autre rarement consciemment. Si les partenaires luttent pour avoir raison, ils engagent une relation de pouvoir et c’est la relation qui perd. Créer un couple harmonieux, c’est choisir de tenir le lien plutôt que de vouloir imposer son point de vue. Et cela ne signifie pas pour autant que l’on s’oublie ou que l’on se perd.
C’est loin d’être facile et cela nécessite d’être au clair avec les origines de nos réactions mais aussi avec nos besoins profonds.
La thérapie de couple
Une thérapie de couple a pour visée d’aider le couple à se réharmoniser, se réorganiser et se réinventer pour revitaliser ce qui est bloqué ou essoufflé.
Elle va ouvrir un espace où chacun pourra prendre sa place et être entendu. Quand le couple arrive avec des reproches, un temps de médiation va être nécessaire pour que les émotions et les ressentiments soient entendus et régulés. Cette médiation peut être plus ou moins longue et parfois même accompagner la thérapie de bout en bout.
Pour autant, ce n’est pas parce que l’atmosphère s’apaise que tout est réglé. L’intérêt va être d’explorer la dynamique de votre couple qui a conduit à ces impasses pour pouvoir vous réinventer.
En fonction de votre demande, nous allons regarder :
- comment et par quoi l’espace du couple est dégradé
- l’histoire et l’étayage de votre relation de couple
- la représentation du couple et les attentes de chacun
- le sens de vos réactions et de vos demandes
- vos styles d’attachement et leur mécanique à deux
- votre rapport aux différentes dimensions de l’intimité
- le couple parental
- l’accordage au quotidien
- les rencontres sexuelles et ce qui favorise leurs invitations
Concernant la sexualité, il me semble important de préciser que, contrairement aux idées reçues, l’harmonie d’un couple ne se mesure pas à la fréquence de ses rapports sexuels. L’absence ou la rareté des rencontres sexuelles n’est pas nécessairement un marqueur de la qualité de la relation.
Une thérapie de couple en solo ?
A ce sujet, il y a débat. Certains considèrent que venir seul(e) pour travailler sur sa dynamique de couple est aussi intéressant que de venir à deux. D’une part parce que cela permet au conjoint en thérapie d’améliorer ses propres capacités de régulation émotionnelle et de communication, ce qui peut aider à améliorer la dynamique du couple. Le thérapeute participe également à comprendre les points de vue et les besoins de l’autre, ce qui peut aider la personne en thérapie à prendre du recul.
D’autre part parce que le travail thérapeutique va aider ce dernier à repérer et transformer ses propres blessures
Je considère que le couple est une entité à part entière. 1+1=3. Ce qui est au coeur de la thérapie est la compréhension d’une dynamique, de cet espace singulier que vous créez à deux et dont chacun est responsable à 100% et se joue parfois à plus que deux lorsque des influences opèrent de part et d’autre des familles.
Bien sûr que venir travailler en thérapie ses propres blessures, ses compétences émotionnelles et de communication va potentiellement aider à faire bouger les choses dans un couple. Lorsque l’on bouge, cela amène le système à se réajuster. Toutefois, cela va vraiment dépendre de la posture de l’autre conjoint. S’il refuse de s’investir, soit parce qu’il/elle estime que le problème vient de l’autre, soit parce qu’il/elle est enfermé(e) dans l’idée que l’autre doit l’accepter comme il/elle est, ce travail thérapeutique arrivera à ses limites. Il aura néanmoins été intéressant pour celui qui l’aura fait car il lui permettra de mieux se positionner dans et vis-à-vis de son couple. Le cas échéant, j’estime que ce travail s’apparente à une thérapie personnelle qui va se faire par le prisme du couple et pourquoi pas.
Ce que j’appelle une thérapie de couple nécessite que les deux partenaires s’impliquent. Le creuset du mieux être du couple se forge à deux. Venir faire une thérapie de couple seul(e) interroge déjà la dynamique du couple.
Il est courant d’avoir peur de ce que l’on va découvrir ou de craindre une rupture au bout du chemin. Il arrive parfois que la thérapie permette de se séparer en conscience, la plupart du temps parce que les dissonances relationnelles sont là depuis longtemps ou que l’évolution des partenaires a créé un fossé de divergences et d’incompatibilités. Cela permet au couple de se séparer sans fracas ni rejet. Il est possible de demeurer des co-parents soucieux du bien être de leurs enfants ou même de garder de l’affection et de la gratitude d’avoir pu vivre cette relation qui a été, quoi qu’il en soit, une source de croissance et d’apprentissage. C’est bien sûr un chemin que tout le monde n’est pas désireux de faire mais c’est possible.
C’est aussi normal d’avoir peur d’être jugé(e) par le thérapeute car rien ne vous dit que cela n’arrivera pas. Toutefois, être jugé n’est pas une option en thérapie. Nous sommes là pour explorer l’étayage de votre couple, entendre et comprendre les rouages des réactions et besoins de chaque partenaire et le thérapeute n’a pas à vous dire comment vous devez être et encore moins prendre parti.
Le sens de la thérapie appartient au couple et le thérapeute n’a aucun droit de donner son avis sur le destin de votre relation.
Comment se déroule la thérapie ?
La première séance dure 1 heure et c’est le temps d’un état des lieux de votre couple et de votre demande.
Les séances suivantes seront de 1h30 et le rythme de la thérapie est d’une fois tous les 15 jours. Ce temps entre les séances permet au couple d’intégrer ce qui a été évoqué au cours de nos rencontres.
Lorsqu’il y a des violences physiques, ou que l’un des partenaires souffre d’addiction sévère, une thérapie de couple seule ne sera pas suffisante. Une thérapie personnelle est fortement conseillée pour se défaire de ces comportements qui malmènent le couple.
Il arrive parfois qu’une thérapie de couple ouvre le constat qu’une thérapie personnelle serait bénéfique pour l’un des deux partenaires. Le cas échéant, je vous conseillerai un thérapeute car je ne peux mélanger les thérapies pour des raisons évidentes d’enjeux et de déontologie.
